Peu à peu on comprend que la hiérarchie entrevue lors des deux dernières courses à Ledenon et au Vigeant commence à se préciser. L’arrivée dans le championnat de France d’Endurance de Mathieu Gines avait de quoi inquiéter. Si les deux dernières courses l’avaient vu ultra dominateur, il avait fallu qu’il cravache pour remonter à chaque fois un peu plus d’une minute concédée par son équipier.

Alors on se mit à penser que la rapidité du Breton ne suffirait peut-être pas à chaque fois.

gurdebecke

Mais c’était sans compter sur la belle motivation de Gautier Gurdebecke, son équipier qui, à Nogaro s’est hissé au meilleur niveau des animateurs de l’épreuve. La preuve ? Son premier relais remarquable qui le portait même en tâte avec face à lui pourtant de sacrés clients parmi lesquels un certain Baptiste Picot un pilote qui en championnat de France Superbike se hisse souvent au niveau des meilleurs. Au guidon en plus d’une machine de plus en plus en forme : la BMW 1000 M1000R qui tient toutes les promesses entrevues lors des épreuves les plus huppées du championnat du monde d’endurance.
On retrouvait aussi dans un quatuor infernal Jeremy Saint Pol et Joey Lubrat, des garçons qui ne lâchent pas la poignée facilement.

C’est là que l’on a vu un Gautier Gurdebecke accrocheur et pugnace qui tout au long de son relais resta dans le rythme sans commettre aucune faute. Lorsqu’il céda le guidon à Mathieu Gines, il avait même hissé sa Yamaha en tête et le pilote breton put rapidement se mettre à l’ouvrage. En 1’ 30’’ 368 il mettait tout le monde d’accord et ne cessa d’accentuer son avance. Plus personne ne revit la moto 66 qui désormais fait figure d’épouvantail.

Derrière, belle prestation de Mathieu Thibault qui retrouvait sa catégorie de prédilection après un passage remarqué en Ultima Cup 700 comme invité et qui avait terminé deuxième de la course 1 et premier de la course 2.

A la mi-course, derrière un Gines impeccable, on retrouvait les Jurassiens Joey Lubrat et Maxime Roussillon qui restaient les deux plus dangereux adversaires des leaders pour la victoire mais aussi pour le titre national. Thibault et Picard n’étaient pas bien loin devant Dehaye et Jacob, deux jeunes aux dents longues. Tout au long de son deuxième relais, Grudenbecke conservait une cinquantaine de secondes d’avance et pouvait être fier du travail accompli. « En fait, mon problème c’est que quand je roule seul, je peux me déconcentrer. En prenant les roues des plus vite, ça va. Franchement, c’est vrai, je suis content de ma course. »  Il pouvait en effet le pilote de Compiègne, cette fois il avait vraiment fait le job. Heureusement parce que à dix minutes de la fin, son compère commettait une belle boulette en chutant dans la partie sinueuse du circuit. Pas trop vite heureusement. Mais en reprenant la piste, Mathieu ne respecta pas tout à fait la procédure règlementaire. Ce ne manquèrent pas de luis signaler les membres du collège sportif. Il s’en sortit avec un avertissement sans frais. Il n’était pas passé loin de la catastrophe. « Il nous faut gagner cette course et puis assurer le coup au Castelet » déclarait Gautier Grudenbecke avant la course. Il ne savait pas qu’il allait prendre une part aussi importante à l’exploit.

Jean-Michel Le Roy

Crédits photos : Armand RAMPNOUX